Les expositions

“Je désire être ramené
vers les dioramas*
dont la magie brutale et énorme
sait m’imposer une utile illusion.”

Baudelaire

En 2017, le manque d’un lieu suffisamment
grand pour créer m’a amené
à réduire mes productions.
Je me suis jouée de cette contrainte
pour créer dans des espaces miniatures :
scènettes, paysages, lieux habités
d’une présence humaine ou animale.
L’espace n’en a pas été pour autant réduit,
au contraire il s’est ouvert à une autre dimension!

* Diorama : Invention au XIXe siècle qui a constitué
une révolution optique, un moment clé de l’histoire
du spectaculaire dans l’héritage des lanternes
magiques du XVII
e siècle.

 

Printemps 2017
Immersion dans le noir,
avec la création sonore de Pascal Bricard
“Le souffle du temps”

 

“Merci pour ces boîtes de temps suspendus.
Vous offrez 
du temps pour l’imaginaire, c’est précieux.”


“Il y avait eu là une ancienne civilisation. Restait des ruines, des structures éparses, encore érigées mais ensevelies par des milliers d’années de pluie, de vent et de poussière. Des explorateurs étaient partis là-bas, à la recherche d’indices, de preuves d’existences, dans l’espoir de reconstituer la vie de ce peuple oublié. Mais à chaque fois qu’il s’apprêtaient à découvrir un nouveau passage ou une pièce importante, un nuage se formait au-dessus d’eux et les ensevelissait de sable. Ils parvenaient toujours à s’en dégager mais leur progression était ralentie, leur champ de fouilles recouvert. Seul un homme n’avait pas encore été rattrapé par le nuage. Il est vrai qu’il était plus grand, plus jeune et peut-être plus fort que les autres, mais cela n’expliquait en rien pourquoi il n’était pas touché par la malédiction. Le dos courbé sur ses relevés, il déchiffrait sans relâche les inscriptions gravées dans la roche, il reconstituait peu à peu le puzzle des débris. Un jour, il sortit de sa tente où il étudiait car le vent avait brutalement cessé de souffler. Il ne reconnu pas le paysage autour de lui. Le sable avait tout recouvert. L’oasis s’était transformée en désert. Et puis un doute commença à l’assaillir : Quel jour était-on? Où étaient passés les autres membres de la mission archéologique? Il regarda autour de lui mais il n’y avait que le désert, à perte de vue… Alors il regarda ses mains. Elles étaient couvertes de terre et de poussière, tant et tant qu’on n’en voyait plus la peau. Dans le puit, il remonta un seau, précipitamment, le cœur battant. Il voulait en être sûr. Il plongea ses mains dans l’eau glacée qui se transforma en boue. Quand il les ressortit, il fut saisit, pétrifié, horrifié et incrédule. Ses mains était celles d’un vieil homme.”
L’ explorateur · Florence Roullet-Boyer / Montage sonore : Pascal Bricard.

“Merci, on en ressort pas tout à fait les mêmes que quand on est rentrés.”

Saison 2018
La Fabrique à Ressorts
25 rue de Sambre et Meuse, 75010 Paris

“Univers parallèles ?
Non, les nôtres à peine décalés
pour que leurs inquiétantes étrangetés nous gagnent
et nous décalent nous-mêmes.”

“Juste assez de vide laissé
pour se raconter des histoires,
Juste assez de lumière
qui montre le nord,
Juste assez de terre
pour planter le rêve.
Juste assez d’équilibre
pour permettre la rencontre.”